Développer des espaces verts proches de la nature dans le milieu urbain, c’est offrir à la population un accès à la nature et à la détente là où elle habite.

Développer des espaces verts proches de la nature dans le milieu urbain, c’est offrir à la population un accès à la nature et à la détente là où elle habite.

Offrir en ville des places d’habitation et d’épanouissement tant à la population qu’à la nature relève le plus souvent d’un subtil équilibre et constitue l’aboutissement d’un long travail de négociation et de planification. De la persévérance  et de l’innovation sont dès lors demandées. Cependant, la population Suisse a toujours su faire preuve d’énergie créatrice pour repenser son mode de vie, imaginer un futur différent et ainsi construire un pays fortement urbanisé mais avec un attachement sincère à ses valeurs naturelles, à ses paysages si uniques. Longtemps antagonistes, la ville et la nature sont sur le voie de la réconciliation, pour le plus grand bien de chacun.

Les abeilles sauvages,  les chauves-souris, le discret hérisson, l’élégante sauge des prés, les coprins chevelus; autant de plantes, animaux et champignons qui nous rejoignent en ville, dans nos jardins, sur nos balcons, ou encore sur nos toitures. Le safari urbain, comme l’évoque Laurent Geslin, est à nos portes. Ouvrons les bras à la nature, allons à sa rencontre. Offrons aux plantes, animaux et champignons un espace pour que chaque matin en regardant par la fenêtre, ou sur le chemin de l’école ou assis dans le bus en route à notre travail, ou encore à tout autre moment du jour ou de la nuit, la nature – agréablement – nous surprenne par une rencontre, un chant, une odeur, une couleur, une sensation nouvelle; qu’elle soit chatoyante, exubérante, stupéfiante ou réconfortante – comme une étincelle qui surgit des braises et rompt le quotidien de nos vies frénétiques, comme une étincelle qui annonce une belle histoire d’amour.

Il y a cependant encore du chemin à parcourir pour aboutir à cette belle idylle.

Pour développer  et entretenir avec succès dans l’espace urbain des espaces proches de la nature acceptés par la population, un travail de recherche à la ZHAW de Wädenswil (travail de bachelor de Karin Frei en 2014) révèle les pistes élémentaires à poursuivre pour augmenter sensiblement les chances de succès. En voici une synthèse:

(1) La commune joue envers ses concitoyens un rôle crucial comme gestionnaire exemplaire des espaces verts proches de la nature. Une gestion extensive proche de la nature des espaces verts par la commune augmente l’acceptation de ceux-ci par la population, et ainsi sa motivation à imiter les pratiques de gestion adoptées par la commune.

(2) Des dispositions légales qui favorisent les espaces verts proches de la nature sont à élaborer. De telles dispositions, visant la qualité des espaces verts proches de la nature, édictent un minimum de contraintes pour stimuler une gestion des espaces non construits qui offre à la nature une place de qualité.

(3) Les acteurs professionnels dans le domaine des espaces verts doivent continuellement se former et acquérir les connaissances sur l’écologie, la biodiversité et les enjeux sociaux de la création et du maintien d’espaces verts proches de la nature en milieu urbain.

(4) La qualité des espaces verts proches de la nature doit être planifiée. La qualité ne surgit pas instantanément. La formulation de normes – à l‘image des normes SIA, qui ancrent des notions de qualité sociale et écologique pour les espaces verts proches de la nature, serait plus que bienvenue.

(5) Les régies immobilières et les investisseurs immobiliers doivent être convaincus d’aménager des espaces verts proches de la nature. Ces acteurs doivent être convaincus des chances d’avoir des espaces verts proches de la nature qui sont moins coûteux à l’entretien, qui valorisent le site durablement, qui stimulent l’attrait pour les locataires ou acheteurs qui attachent une grande importance à la qualité de leur environnement de résidence et apprécient la valeur d’environnement verts diversifiés.

(6) Eveiller chez les citoyens l’envie et le plaisir d’avoir des espaces verts proches de la nature autours de chez eux. Et donc de déconstruire « la peur du désordre » et « la peur des espaces sauvages ». De viser le changement des comportements du « tout contrôler » et du « propre en ordre ». Et de redorer l’image et l’acceptation des espaces verts proches de la nature en mettant en avant de manière différenciée et moderne plutôt les aspects « esthétique », « qualité de vie » et « utilitaire » plutôt que les aspects uniquement écologiques.

(7) Les solutions issues de compromis sont les plus durables. La réalisation et la gestion des espaces verts proches de la nature sont à concevoir comme le meilleur compromis entre les attentes et besoins des différents partenaires. Il est possible de trouver un compromis entre les secteurs utilisés intensivement et ceux utilisés extensivement. Tout comme il est possible de trouver un compromis entre le besoin de favoriser les espèces indigènes et les besoins d’utiliser des plantes exotiques plus ornementales.

(8) L’information et la communication orientées public cible sont essentielles pour gagner l’acceptation et l’action en faveur des espaces verts proches de la nature. Les espaces verts proches de la nature sont une chance tant pour la qualité de vie que pour la biodiversité; tel est le message clé. L’acceptation est plus grande lorsque des bons exemples d’espaces verts proches de la nature bien réalisés sont présentés de manière illustrée et sur un ton positif. Les personnes doivent pouvoir faire un lien direct entre les espaces verts proches de la nature et leur propre jardin – qu’il soit réel ou intérieur.

 

Photos: @René Amstutz, 2014

 

Quartier PIC 3 Allschwil (canton BL)

 

Intégration réussie de constructions modernes et d'espaces natures, avec plans d'eau, sentier, végétation spontanée et milieux pionniers.

Intégration réussie de constructions modernes et d’espaces verts, avec plans d’eau, sentiers, végétation spontanée et milieux pionniers.

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